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 Tu Es Partout ! - La liberté des innocents

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MessageSujet: Tu Es Partout ! - La liberté des innocents   Jeu 1 Juil - 10:02

Sous le ciel de Paris
S'envole une chanson
Elle est née d'aujourd'hui
Dans le cœur d'un garçon
Sous le ciel de Paris


C'est comme si la guerre n'était plus là. C'est comme si Paris, Paris ! Paris avait baissé les bras. Qu'elle continuait, de sa lumière, à briller tout bas. Paris, paris, chante la Môme ! Qu'as-tu fait de ta liberté ? Elle est PARTOUT ! -Scande la Môme !
Et sous les strass et la paillette, l'étincelante Eiffel, la serpentine Seine...
Sur les quais et sous les ponts, les gamins courent se querellent, les poivrots se saoulent -sous les ponts-, et les péniches reprennent même du service.
Faut dire, Paris, sans touriste ?

La France, devenue colonie, impotente, imposture ! Elle est regardée de haut !
Et sur les quais, les gosses courent. Les gosses vivent, les gosses goualent. Réchauffant leurs maigre os, aux réflexions du pâle soleil. L'eau, -elle- chante.


« Rose venir !»

C'est un cri mécontent. C'est un ton exigeant. C'est un petit garçon, blond, habillé de blanc à l'air contrarié. Il a la main gauche sur les hanches, le poing fermé.

« Rose venir et sauter !»

Une moue boudeuse, des paupières plissées sur un regard très bleu, et des cheveux blond ébouriffés que dissimule une grosse casquette. Il tient sa main droite serrée sur l'anneau d'un large cerceau de bois.

« Rose, enfin !»

Sa voix est douce, malgré son tracas, et à quelques mètres, aux côtés d'une troupe de marmot tiraillés entre ravissement et consternation; se tient fièrement un mouton de haute taille, la peau aussi charbonneuse qu'un costume de SS, la laine aussi claire que du coton. Il a des cornes couleur pain, aussi aiguisées qu'un couteau, retournées vers l'incertain.
Lui aussi, a l'air mécontent. Il racle le sol, comme le ferait un taureau, puis se redresse, relevant la tête d'une allure princière. La tournant, dédaigneux, pour ignorer les ordres...

Du petit bonhomme.

« ROSE !»

... qui à son tour se met à taper du pied.
Les marmots s'esclaffent à la ronde. Ici, on commence à le connaître. On est curieux, par petite bande, on l'appelle "p'tit-berger". On dit qu'il vient d'la campagne, où il a sûrement été élevé par un drôle de hère. Un drôle de père.
Et que tout c'qui lui reste, depuis qu'les boches sont là: c'est cet obstiné mouton, qui lui obéit pas.

Et qu'est ce qu'ils attendent, les mioches ? Et bien, le berger sait quelques tours ! Et "Rose" peut être impressionnante quand elle lui obéit. Quoi qu'elle soit impressionnante tout court. Et si, par malheur, ils étaient surpris, le berger disparait sur son dos, faut pas être pris!
Et les enfants feront diversion.

On l'aime bien, le p'tit berger, on l'aime bien parce qu'il fait rire, avec son drôle d'accent (sûrement de paysan!), qu'il connait des tours et des histoires ! Qu'il sait en faire, ah ça pour sûr ! On s'souvient du coup du boulanger !

« Rooooooooose...»

Le ton est chargé d'une menace entendue. En suit un bêlement revêche et bravache:

*Non, je ne ferai PAS ça. Je l'ai DÉJÀ FAIT DEUX FOIS. Maintenant, j'en ai MARRE.*

« ROSE!»

Le mouton ferme un œil, on dirait presque qu'il sourit. Il tourne le dos au petit prince, qui, outré ! Bat du pied de plus bel.

Une ombre grandit, sans que les enfants ne s'en aperçoivent (ou ne s'en inquiètent ?). La brebis détourne à nouveau la tête, le regard défiant l'inconnue.

«Rooo..ose ?»
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MessageSujet: Re: Tu Es Partout ! - La liberté des innocents   Mer 7 Juil - 19:48

Roule, roule ton flot indolent, morne Seine.-
Sous tes ponts qu'environne une vapeur malsaine
Bien des corps ont passé, morts, horribles, pourris,
Dont les âmes avaient pour meurtrier Paris.


Il la fixe, lourdement. Elle ne baisse pas les yeux. Pourquoi le ferait-elle? Elle ne baisse jamais les yeux. Petit sourire, un peu goguenard, innocence affectée… lui fronce les sourcils. Elle l'ignore, se détourne et reprend sa marche rapide, son long manteau flottant autour d'elle, chapeau incliné selon un angle insolent, boucles rousses et sauvages qui s'échappent, désordonnées, et son pantalon qui attire tous les regards désapprobateurs.
Il renifle, dédaigneux. Se désintéresse enfin. C'est tellement plus confortable de fixer, raidi et victorieux, les français dont les regards s'attardent sur le pavé noir et l'eau stagnante. Tellement plus simple que de soutenir le regard trop brillant de cette femme inconnue.
Car enfin, comment pourrait-il deviner, cet officier SS, qu'une lettre sous le corsage lui brûle la poitrine, alignant par le détail les comptes des presses résistantes de France? Comment pouvait-il savoir que le cœur de la Moulin bat la chamade, alors qu'elle a peur… oui, peur! Peur de conduire à leur perte tous ceux qui la suivent.

Il l'ignore, le soldat nazi. Comme tout le monde: et c'est mieux ainsi. Car enfin, si elle avait peur au yeux d'autrui, Jeanne, ça serait la fin de tout. Alors, on ravale, on ressasse comme on peut tout en gardant bien figé le masque des apparences… Jouer la comédie, c'est vital. Etre une bonne actrice est un atout capital.
Soupir de soulagement, imperceptible. Une ruelle, deux, un papier échangé, une poignée de main, et c'est fini. C'est si simple, de mettre sa vie en jeu. Si simple de risquer celle des autres… Jeanne regarde partir le jeune homme trop idéaliste, qui portait joyeusement à la besace son propre arrêt de mort. Signé Gangrène. Ce n'est pas normal, ce n'est pas juste. Mais ce n'est pas un choix… Ce n'en était plus un. Au début, peut-être aurait-elle pu changer les choses… Peut-être tout aurait pu tourner autrement. Mais c'était trop tard, trop tard, et la Seine charriait tous les jours de nouveaux cadavres, de nouvelles ombres défigurés.

Une enjambée, deux… et retour en pleine lumière. En plein vacarme, en pleine vie… Parce que Paris vibrait quand même, vibrait toujours, invincible. La foule qui ondule en ses veines en atteste: personne ne fera tomber la Ville Monde. Ami, si tu tombes, un ami sors de l'ombre à ta place… Un peu rassérénée, ou s'efforçant du moins de le paraître -la frontière est si mince…- Jeanne reprit sa route, de ses grandes enjambées masculines qui écartaient les passants comme une volée de passereaux effarouchés. Elle s'attarda un instant devant un bouquiniste des quais, effleura un livre du bout du doigt… Poésie, triste relent des sentimentalités mortes. Elle se détourne. Plus le temps pour le lyrisme: ça ramolli le cœur, ça adoucit les coups qu'il faut porter et puis… c'est déjà si difficile de lutter. Tenir droite, à n'importe quel prix…

Un quelconque monument, peut-être beau mais éclipsé par la splendeur qui l'entoure et qui l'écrase, étale ses ramifications autour d'un parvis ensoleillé. Sabot qui claquent, corne contre pierre. Jeanne s'arrête, le regard bien caché dans l'ombre de son chapeau de feutre. Sait-on jamais, quelqu'un pourrait voir l'attendrissement soudain, et la nostalgie… Ces sabots qui tintent, c'est un peu de passé qui trébuche… Le monde ne pourrait-il pas cesser de la poursuivre, un peu? C'est qu'il est agaçant, le monde. Il ne cesse de se rappeler à vous quand il ne le faut pas… C'est un rustre, le monde!
Jeanne chassa l'ombre lapidée de ses souvenirs -ses hantises!- d'un haussement d'épaule. Qui se fichait, au fond, du miroir d'elle-même, défardée?

Eclat d'or agacé. Le maître de l'animal veut que la brebis amuse la galerie, elle l'ignore royalement. Jeanne pouffe, s'approche un peu. Sourire: il a un accent d'ailleurs, le petit berger. Un accent de Pologne… Un fol espoir étreint tout à coup la poitrine de la jeune femme, elle l'étouffe scrupuleusement. Inutile, vain. Le vent hurle ses loups dessous le Pont aux Changes… Qui se fiche qu'il ait un jour fait danser la robe d'une jeune juive, d'avance assassinée? La Moulin chasse ses fantômes d'une pichenette mentale. C'est qu'aujourd'hui, ils étaient tenaces… Quelques pas, et elle se mêle à la nuée de moineaux faméliques qui rit sans songer à demain. Sourire. Le mouton -Rose?- s'est détournée, au grand agacement de l'enfant couronné d'or pâle. Puis se retourne. Croise le regard vert de la résistante. Un instant saisie par l'intensité de ce regard animal, Jeanne cille, puis retrouve son masque habituel. Sourire, humour.

- Salut, gamin. Elle est belle, ta brebis apprivoisée… Tes parents ont un champs, en plein Paris?

La Moulin ôte son feutre, libérant une cascade désordonnée de courtes boucles rousses. Elle jaugea encore une fois l'animal argent et charbon, la cambrure de ses cornes, puis reporta son attention sur son jeune dompteur. Ou du jeune dompté, au vu du désarroi comique qui s'emparait de l'enfant. La jeune femme éclate de rire, un son un peu rauque, chaleureux. Une des rares choses que la vie n'a pas encore trop ébréchées…

- Allons, elle est peut-être fatiguée. Je m'appelle Jeanne. Et toi?

Elle ne savait trop ce qui la poussait à ainsi se mêler à des jeux d'enfants -elle en connaissait certains. Peut-être des restes de déférences mal éteintes, peut-être un absurde résidu d'espérance. Peut-être un besoin de fraicheur. Peut-être le besoin viscéral de garder un œil sur l'enfance de sa ville, quand l'insigne du condor rôde si près… Absurdité idéaliste. Ils jouaient si près du danger, sans savoir… Et elle savait que tous n'étaient pas à l'abri, loin de là. Elle les survola du regard, inquiète, masquant son souci sous un visage rieur et des salutations pleines d'humours aux gamins qu'elle connaissait déjà.

Comme si s'oubliait, en quelques heures de soleil et chahuts de jeunesse, l'heure où notre siècle saigne… Mais l'oubli est parfois si délicieux. N'avait-elle pas droit, elle aussi, à un peu de repos?

Ce que c'était que ces grandes personnes qui s'immisçaient dans les jeux des enfants, tout de même…
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MessageSujet: Re: Tu Es Partout ! - La liberté des innocents   Mar 27 Juil - 15:51

La noire brebis fit un pas en avant, le cou en arrière, les yeux et naseaux grands ouverts. Elle parait souffler comme l'on siffle. Son sabot en cadence. Elle prévient. Le mouton est insensible aux compliments des gens, même si d'infimes intonations lui rappelle le verbiage du petit prince... Elle sent que cette flamme qui se jeta dans leur tranquille grisaille... Cette flamme n'est que danger, vive, celle qui dévore, entraîne et propage.
Ne laissant sous son passage, que des souvenirs pour beau joyaux... Souvenirs dont les rires calcinés fument encore derrière elle.

La brebis souffle plus fort, comme si elle pouvait la faire virer de bord.

Le petit blond a penché la tête sur le côté, observant la nouvelle arrivante, le comportement des gamins du quartier... Et surtout l'attitude de Rose, si prompte à juger. Il s'avance tranquillement; lui, ne distingue aucune menace. La brebis gronde.

Ils échangent un regard, Antoni serait presque narquois, comme d'un : "BIEN FAIT! T'avais qu'à faire ce que je demandais!", qu'on entendrait pas mais dont on devinerait l'air.
Le mouton baisse la tête, ses cornes s'élèvent et s'abaissent d'un va et vient agressif :

- Je crois Rose pas aimer beaucoup Jeanne...
Jeanne faire attention ! Ou avoir mal !


Il se tourne vers l'animal :

- Rose ! Jeanne amie ! Regarde !

Il désigne les gamins qui la saluèrent. Aucun n'avait décampé, pour le Petit Prince, il était logique que les peuple des oprimés s'enfuit au moindre danger. Il ne s'agissait donc pas d'un loup, ou d'un monstre ailé.

Mais Rose campait sur ses positions, se rapprochant d'Antoni, le bousculant sans ménagement, comme si elle lui ordonnait qu'il reprenne ses esprits et qu'on s'en aille! Pardi, de cette matière inflammable.

Le petit prince rouspète, lâche un ou deux mots polonais, avant de se reprendre la main sur la bouche, un peu ahuri :

- Des champs dans Paris ? ça exister ?!

Le mouton secoue la tête, son protégé est en train de se faire griller à petit feu, à ce rythme il finira à point. Il s'agit de faire diversion, puisqu'il ne veut partir, elle se décide à s'avancer d'avantage, son attitude inchangée. Elle lui foncera dessus, au moindre mouvement.

Tout autour, certains gamins ont préféré partir. Plus vraiment d'intérêt à rester puisque le mouton ne voulait plus sauter. Seuls quelques rares spectateurs hésitaient encore, devant la nouvelle tournure des évènements.
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MessageSujet: Re: Tu Es Partout ! - La liberté des innocents   Sam 28 Aoû - 19:11

L'Œil était dans la tombe et regardait Caïn.

Il était surprenant de constater que tous les nazis du coin réunis avaient moins d'instinct ou de jugeote que le mouton d'un jeune polonais, amuseur patenté. Malgré le peu de crédit qu'elle accordait à la clique des porteurs de croix gammées, Jeanne ne songeait tout de même pas que ce serait une brebis qui les écraserait un jour de toute sa caprine intelligence: il est des choses qu'on n'imagine pas même dans nos délires les plus fébriles. La tête penchée sur le côté, mains enfoncées dans les poches de son grand manteau, la Moulin fixait calmement l'animal qui s'agitait, colérique.

- Je crois Rose pas aimer beaucoup Jeanne...
Jeanne faire attention ! Ou avoir mal !


Jeanne considéra le mouton menaçant. Elle avait bien, dans les creux de son vêtement ample, une petite arme à barillet, si Rose se faisait trop agressive, et… La résistante cilla, se repris. Allons, quel étrange réflexe lui donnait là son idéal… Ce que l'on plonge facilement dans la violence brûlante, en oubliant pourquoi on lutte… Un frisson. Non, non, il ne fallait pas y songer. Et puis… dans les yeux trop expressifs pour être normaux, elle reconnaissait un peu Solveig… Oh. C'était donc cela? Ses yeux vert coulèrent sur le blond enfant, revinrent sur la toison blanche. Non, c'était… improbable. Karl lui en aurait parlé, enfin… à priori?
La femme auréolée de rouge reporta son attention papillonnante sur la brebis aux longues cornes recourbées… Couronnée de soleil et gardien attentif.

- Je ne lui ferais rien.

Et on ne sut si elle parlait au petit garçon ou bien à son gardien aux sabots tintant sur les pavés… Qu'importait? Rose savait, elle.
Non, elle ne le consumerait pas. Il y avait, dans le fait de s'en prendre à un enfant quelque chose contre lequel tout son être de morte-mère se rebellait… une vibrante indignité, une plaie à vif. Ses grands yeux ourlés de tristes cherchaient instinctivement à comprendre, à percevoir dans les yeux caprins une lueur, quelque chose d'intelligible. Mais las, les pupilles horizontales garderaient leurs mystères…

Des mots dans un dialecte inconnu arrachèrent les orbes las à leur contemplation pour les river sur le jeune garçon. Du polonais. Il parlait polonais. Elle ne s'était pas trompée… Et la Pologne, la Pologne, c'était… Les témoignages lui revinrent brusquement en mémoire, dans un tourbillon aux relents de chair morte, et puis un visage, toujours le même…
Un nom. Sobibor.
Main dans la main avec ses fantômes, c'est un regard nouveau que la veuve posait sur l'enfant… presque douloureux. Et alors qu'innocent, il demandait…

- Des champs dans Paris ? ça exister ?!

… elle ne su qu'hocher la tête, ses pensées papillonnant jusqu'aux parcs et jardins privés… Et revinrent se braquer, indistinctes et confuses dans une sorte de rage automutilatrice, sur l'enfant et ses mots porteurs de spectres.
Loin, trop loin du mouton menaçant, la question fatidique menaçait de franchir ses lèvres, comme un remugle souffreteux trop longtemps gardé d'entre ses dents, quelque chose d'infâme… Quelque chose porteur d'une trop grande indignité…

- Et tu… dis-moi… D'où viens-tu?

Elle avisa du coin de l'œil une silhouette noire, drapé d'orgueil et de sinistre augure… Qui approchait. Avait-il vu l'enfant? Était-il assez proche pour avoir entendu…?
Un regard noir de la jeune femme que beaucoup connaissaient suffit à disperser les gosses comme une nuée de moineaux farouches. Les plus âgés connaissaient cette expression: il fallait fuir, maintenant. Les plus jeunes se contentaient de suivre…
Elle siffla entre ses dents, à la fois pour l'enfant blond et l'animal:

- Bon. Vous jouerez plus tard, ou plus loin. Maintenant il faut s'en aller. Rose, tu m'attaqueras après. Allez!

Et avec la nonchalance nerveuse que seule confère une longue habitude de la dissimulation, elle emboita le pas au prince des pavés l'entrainant d'autorité plus loin… Dans une ruelle latérale, tapissée d'humidité… La Seine, morne Seine, suintait jusqu'ici, entre les pierres écornées par les pas… Jeanne laissa échapper un soupir. Peut-être ne se serait-il rien passé. Peut-être n'était-ce qu'un sous-fifre en patrouille. Mais le réflexe, et l'inquiétude... Viscérale.

En arrivant sur la place, l'officier SS ne trouva rien de plus que les ombres familière de la foule qui se presse sans but.


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MessageSujet: Re: Tu Es Partout ! - La liberté des innocents   Ven 29 Oct - 13:45

La question est coupée, soufflée comme un grand courant d'air qui balaie la présence des jeunes flammes.
Antoni n'a pas eu le temps de réfléchir ni à la question, ni même à la possible réponse qu'il aurait à déguiser.

Le vent provient d'abysse effroyables dont le gamin ne veut pas replonger, aussi naïf qu'il est, il est des images qu'on ne peut oublier.
Celles marquées d'un uniforme aussi noire qu'une aveugle douleur devant l'impuissance.

Le soleil frissonne devant l'éclipse. Rose a tourné la tête vers cet odieux propice. Se demandant rapidement, de quel fléau, était le moindre.

Mais le petit prince est déjà entraîné par la chaleur, à la fois attiré et volontaire. Rose est condamnée à suivre, au petit trot. S'obstinant à séparer de sa présence, le solaire et l'incendiaire.
Était-ce le moins pire de tous les maux ?

La main rassurante de son protégé lui gratte l'échine, dans sa course. Le Petit Prince lui sourit. Elle se renfrogne d'un long soupir. Ce n'est pas passé bien loin, mais que reste-t-il à venir ?

Une voix s'élève, fluette et cristalline:

Sur cet air

Dans cendrier de mémoire,
Clignote étincelle
- Viens, je te dire histoire !
Histoire longue et belle.

Il était une fois, loin,
Loin de chez toi !
Endroit chaud et beau !
Où chanter grand-mère !
Tout le monde heureux,
Et l'histoire finie !

Il était une fois, grand sorcier !
Avec ailes noires, jeter des sorts
Sur l'endroit !
Gris, cendre, os. Maintenant terre froide.
Et étincelles partir là,
Pour grandir.

Mais sur route,
Étincelle presque mourir !
Pleurer les yeux, pour la noyer !
Mais heureusement, Souvenir !
Pour raviver.
Et promesses à tenir.
Contre mots qui vouloir punir.

Et jamais plus croire avenir.
Promesse oblige essayer. Il faut grandir !
Histoire longue, parfois laide.
Il faut embellir !

Sinon étincelle pas vouloir grandir !
Et le grand froid partout !
Alors va! Va !
Chercher bois et histoires,
Va ! Pas laisser froid envahir!

Et histoire devenir belle.
Et histoire devenir belle.

C'était ainsi qu'on luttait au pays. Chantant la tradition au sus de l'ennemi. Les enfants, feignant l'inconscience d'une telle trahison, laissait s'élever l'air de leur rébellion.



Inspirée de cette comptine polonaise.
Adaptée à la sauce du petit Prince.
Celui qui ne répond aux questions
que par des interrogations... et des histoires.


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Tu Es Partout ! - La liberté des innocents

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